Import-substitution : Notre
autonomie agricole passe
par une véritable révolution agricole

Dans son adresse à la Nation le 31 décembre 2024, le président de la République, Paul Biya, affirmait que dans l’optique de réduire le déficit de notre balance commerciale et
de garantir notre souveraineté alimentaire, le Plan Intégré
d’Import-substitution Agropastorale et Halieutique (PIISAH)
annoncé en 2023, commence à produire des résultats visibles. Auparavant déjà, dans son discours de prestation de
serment du 6 novembre 2018, le chef de l’Etat traçait la voie
de notre politique de substitution des importations et celle de
promotion des exportations en déclarant : « … il me semble
opportun de nous attacher à développer les secteurs de
notre économie qui pourront réduire sensiblement nos importations de biens et services. Cette politique présente
l’avantage de nous permettre de rééquilibrer notre balance
commerciale chroniquement déficitaire. Par ailleurs, nous
allons réaliser une véritable révolution agricole en modernisant nos moyens de production et en transformant davantage nos produits agricoles… ».
Le PIISAH sur le triennat 2024-2026 pour un montant de
1 500 milliards de FCFA s’inscrit d‘ailleurs dans le prolongement des mesures gouvernementales de lutte contre l’inflation et la vie chère, de réduction du déficit de notre balance
commerciale et de promotion des produits made in Cameroon. Pour ce qui est du secteur de l’Agriculture et du Développement rural en effet, à la faveur de l’ouverture le 3 février 2025 de la conférence annuelle des responsables des
services centraux et extérieurs du Minader, des résultats
appréciables et forts encourageants ont été enregistrés en 2024. A titre d‘illustration, en ce qui concerne
la production et la productivité des principales filières
agricoles, un point d’honneur a été mis sur l’augmentation des terres emblavées des filières prioritaires
pour un accroissement de 20% de la production des
principales spéculations. Ceci à travers la subvention
par le Minader des engrais au profit des producteurs
à hauteur de 13,9 milliards de francs CFA et la mise à
disposition des semences améliorées et variées pour
un montant global de 7 milliards de francs CFA.
En ce qui concerne le PIISAH, outre les actions de
l’Upper Nun Valley Development Authority de Ndop
dans le Nord-Ouest et de la Société d’Expansion et de
Modernisation de la Riziculture de Yagoua qui ont été
menées pour la mise en valeur et le développement
des périmètres rizicoles, les actions phares en 2025
restent, entre autres, la mise en œuvre des actions du
Projet Plaine Centrale à travers l’exploitation de 100
000 hectares sur les 400 000 hectares déjà sécurisés
et l’installation de 64 grands producteurs agricoles en
cours.
Malheureusement, en dépit de toutes ces actions et de
tous ces résultats remarquables et fort appréciables,
notre pays continue à dépendre fortement des importations pour des produits stratégiques comme le
riz, le blé, l’huile de palme, le maïs, le sucre et bien
d’autres, avec pour principal corollaire, une pression
énorme sur notre balance commerciale et notre vulnérabilité vis-à-vis des fluctuations des marchés internationaux. Pourtant, le Cameroun dispose d’un
potentiel immense, notamment des terres fertiles,
une main d’œuvre dynamique et une riche diversité
agro-écologique. La question est de savoir comment
transformer ces atouts en leviers pour une véritable
révolution agricole dans notre pays. Et pour y parvenir, la Déclaration de Kampala nous offre à propos une
feuille de route claire et adaptable. Ladite Déclaration « représente une vision stratégique qui invite les
États à transformer structurellement leurs économies
en valorisant leur potentiel interne. » Pour le Cameroun, cette Déclaration est une boussole pour guider
nos efforts vers une croissance inclusive, durable et
centrée sur nos atouts nationaux. Et pour que cette
Déclaration devienne un catalyseur de notre politique
d’import-substitution, nous devons agir sur plusieurs
fronts, notamment l’investissement dans les filières
locales prioritaires en identifiant les filières agricoles
à fort potentiel comme le riz, le manioc, le maïs ou
encore les légumes locaux ; en modernisant les infrastructures agricoles ; en renforçant les capacités
des acteurs ; en créant un cadre politique incitatif,
entre autres. Il est possible de transformer notre rêve
en réalité, et construire un Cameroun où chaque produit consommé résonnera com