MESSAGES CLÉS
Le modèle Joint Monitorig Report (JMR) estime qu’en juin 2026, près de 8 millions de personnes sur un total de 30,2 millions (27 % de la population) résident dans des zones à risque de connaître une insécurité
alimentaire aigüe de niveau IPC/CH 3 ou plus. Parmi elles, 2,7 millions vivent dans des zones de conflit
(régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest) et 5,4 millions dans les zones non affectées par
les conflits, correspondant à 26 % et 27 % de leurs
populations respectives. La proportion de population à
risque a augmenté de 22 % en avril à 26 % en mai, mais
reste en moyenne à 25 % (7,6 millions de personnes) au
deuxième trimestre 2026, confirmant une vulnérabilité
structurelle.
Le niveau d’alertes augmente au deuxième trimestre
2026, avec 20 alertes en avril, 29 alertes en mai et 43
alertes en juin, pour un total de 12 alertes de risque
critique et 80 alertes de risque accentué. L’indicateur de
volatilité des prix alimentaires a enregistré le plus grand
nombre d’alertes, avec 1 alerte de risque critique et 53
alertes de risque accentué, suivi par l’indicateur de
sécheresse-NDVI, qui a enregistré 11 alertes de risque
critique et 12 alertes de risque accentué, essentiellement
au mois de mai et juin 2026. Les prix alimentaires ont
enregistré 15 alertes de risque accentué au total. Aucun
signal d’alerte n’a été relevé pour les autres indicateurs
du modèle JMR.
Les importations alimentaires confirment une chute,
allant de 81,5 milliards FCFA (avril 2025) à 26,9
milliards (juin 2026), selon les données de la Douane
camerounaise. La crise séparatiste (Nord-Ouest et Sud-
Ouest) et l’insurrection des groupes armés non-
étatiques (Extrême-Nord) a maintenu une
recrudescence des incidents, limitant l’accès des
agriculteurs aux champs et perturbant les marchés.
Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, 1108
incidents ont été enregistrés contre 676 au 1er trimestre
2026, soit une augmentation de 64% des cas. Ils ont été
à l’origine de 392 décès contre 278 au premier
trimestre, soit une augmentation de 41% des décès. La
région de l’Extrême-Nord enregistre 295 incidents, soit
une augmentation de 81%. Au 30 juin 2026, le
Cameroun compte plus d’un million de déplacés
internes, répartis entre les régions du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest (493 402 personnes) et le bassin du Lac-
Tchad (510 855 personnes), en raison de l’insécurité
persistante. À cela s’ajoutent 412 521 réfugiés et près
de 791 000 personnes retournées. Ces déplacements
forcés ont accentué la pression sur les ressources des
communautés d’accueil, aggravant une situation
alimentaire déjà fragile. Les filières animales ont subi
une pression sanitaire persistante avec 43 foyers
recensés, totalisant près de 59 000 cas et 388 décès
selon le RESCAM. La situation a été dominée par un
foyer de bronchite infectieuse aviaire dans l’Ouest,
responsable de la quasi-totalité des cas, tandis que la
Peste Porcine Africaine et la Peste des Petits Ruminants
ont continué de menacer les moyens de subsistance
ruraux. Les prix officiels à la pompe du carburant
restent stables devenant équivalents voir inférieurs à
ceux informels du carburant « zoua-zoua » en zones
frontalières au Nigéria. Les importations de carburant
ont connu une hausse inférieure à celle du trimestre
précédent.
Selon l’enquête mVAM du PAM, l’insécurité
alimentaire s’est aggravée par rapport au premier
trimestre, en particulier chez les ménages déplacés
internes. Leur consommation alimentaire acceptable a
reculé, leurs stocks se sont épuisés plus rapidement et
plus de la moitié d’entre eux restent en phases 3 à 5 de
l’échelle de la faim. La dépendance aux marchés, le
recours accru à l’endettement et l’accès limité aux
services essentiels accentuent leur vulnérabilité, tandis
que la région de l’Extrême-Nord demeure la zone la
plus préoccupante à l’approche de la soudure. La région
de l’Extrême-Nord continue d’être, également, le foyer
le plus important pour la malnutrition aiguë sévère
(MAS), avec des districts en situation critique,
notamment Mokolo (1420 cas), Kousseri (1248 cas),
Makary (1128 cas), Mora (871 cas), Meri (866 cas),
Maroua 3 (749 cas) et Hina (512 cas). La situation s’est
empirée, entre autres, par des flambées épidémiques de
rougeole (à travers la région) et de choléra (Mada,Makari, Fotokol) signalées par les autorités sanitaires
(MINSANTE).
En termes de perspectives, les projections anticipatoires
mettent en évidence une aggravation de l’insécurité
alimentaire, particulièrement dans le septentrion et le
Nord-Ouest, où la soudure, l’épuisement des stocks et
les crises sécuritaires accentuent la vulnérabilité des
ménages. La convergence entre la forte charge de
malnutrition aiguë et les flambées épidémiques dans
l’Extrême-Nord annonce une aggravation des
vulnérabilités, nécessitant une réponse












































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